La Russie accentue la pression sur Telegram et se prépare à un éventuel blocage.
Apr 03
Fri, 03 Apr 2026 at 04:15 AM 0

La Russie accentue la pression sur Telegram et se prépare à un éventuel blocage.

Depuis plusieurs mois, les relations entre Moscou et les plateformes numériques étrangères sont tendues.

Dans ce contexte, une nouvelle décision de justice a ravivé les inquiétudes quant à l'avenir de Telegram en Russie, où l'application reste largement utilisée…

Une amende supplémentaire dans un conflit qui dure depuis longtemps

Le tribunal du district de Tagansky à Moscou a condamné Telegram à une amende de 35 millions de roubles, soit environ 350000€. Cette sanction repose sur cinq infractions liées à la diffusion en ligne de contenus interdits, notamment des contenus associés à l'extrémisme, aux stupéfiants et à la pornographie infantile. Cette décision s'inscrit dans une série de sanctions déjà infligées à la plateforme. En février dernier, une amende de 10,8 millions de roubles a été prononcée. Au total, les sanctions pourraient atteindre 64 millions de roubles, illustrant la pression croissante exercée par les autorités russes. Officiellement, les tribunaux reprochent à Telegram de ne pas avoir supprimé suffisamment rapidement les contenus jugés illégaux, conformément à la législation russe sur l'information. Mais pour l'entreprise, ces accusations sont avant tout motivées par des considérations politiques. En coulisses, le gouvernement russe cherche à renforcer son contrôle sur les flux d'informations en ligne en exigeant une coopération accrue des principales plateformes internationales. Vers un blocage total dès avril? Au-delà de l'amende, c'est la perspective d'un blocage complet qui inquiète, à tel point que, selon plusieurs sources locales, la décision de restreindre totalement l'accès à Telegram a déjà été prise, avec une mise en œuvre possible dès avril. Les signes avant-coureurs se multiplient, notamment depuis l'été 2025, période durant laquelle les fonctionnalités de l'application se sont progressivement dégradées. Parmi elles figurent la désactivation des appels audio et vidéo, des ralentissements du service et des pannes ponctuelles observées dans plusieurs grandes villes comme Moscou et Saint-Pétersbourg. Ce scénario rappelle celui de WhatsApp, bloqué en Russie en février dernier. Si Telegram subissait le même sort, près de 90 millions d'utilisateurs russes seraient directement touchés. MAX, l'alternative soutenue par l'État. Parallèlement, les autorités russes encouragent activement l'adoption de MAX, une application de messagerie développée par le groupe VK et soutenue par le Kremlin. Lancée en 2025, l'application est désormais préinstallée sur les smartphones vendus dans le pays et revendique déjà 100 millions d'utilisateurs inscrits. Elle offre de nombreuses fonctionnalités, allant de la messagerie et des services publics en ligne aux outils de paiement. Cependant, MAX se distingue par un point sensible: l’absence de chiffrement de bout en bout. Sa politique de confidentialité mentionne également la possibilité de partage de données avec des tiers et des agences gouvernementales. Dans ce contexte, la pression exercée sur Telegram semble être un levier pour accélérer l’adoption de cette alternative nationale, conformément à l’affirmation de la souveraineté numérique par Moscou.

Commentaires

S'il te plaît Se connecter pour laisser un commentaire.

Vous souhaitez publier votre sujet

Rejoignez une communauté mondiale de créateurs, monétisez facilement votre contenu. Commencez votre parcours de revenu passif avec Digbly dès aujourd'hui !

Postez-le maintenant

Suggéré pour vous