TikTok fait l'objet d'une enquête de la justice française suite à une expérience choquante menée par le ministère de l'Éducation.
Apr 14
Tue, 14 Apr 2026 at 06:15 AM 0

TikTok fait l'objet d'une enquête de la justice française suite à une expérience choquante menée par le ministère de l'Éducation.

Alors que les réseaux sociaux font l'objet d'une surveillance accrue en Europe, accusés de favoriser la dépendance chez les mineurs, une nouvelle étape vient d'être franchie pour TikTok en France.

En effet, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé avoir porté plainte devant les tribunaux après avoir mené une expérience pour tester le fonctionnement de l'algorithme du réseau social, en utilisant le compte d'un adolescent…

Un test réalisé avec le compte d'un adolescent

Pour étayer sa plainte, dans une interview accordée à France Inter, M. Geffray a déclaré avoir mené un test avec son cabinet en créant un compte TikTok qui semblait appartenir à un utilisateur. Selon le ministre, l'expérience a rapidement révélé des failles dans le système de recommandation de la plateforme. «En moins de quelques minutes, sans avoir rien aimé, nous nous sommes retrouvés à regarder des vidéos déprimantes», a-t-il expliqué. Parmi les contenus recommandés signalés figurent des tutoriels d'automutilation et des vidéos montrant le suicide. Pour le ministre, ces résultats ne sont pas le fruit du hasard et il estime que l'algorithme du réseau social peut piéger certains adolescents dans ce qu'il appelle des « spirales infernales », en leur proposant progressivement des contenus de plus en plus sensibles. Pour étayer son signalement, Édouard Geffray indique avoir transmis au procureur de la République de Paris une clé USB contenant l'enregistrement complet de l'incident. Trois nouveaux griefs s'ajoutent à l'enquête. La saisine des tribunaux est fondée sur l'article 40 du Code pénal. La procédure cible plusieurs infractions potentielles. Le rapport mentionne notamment l'incitation au suicide, le traitement et le transfert illégaux de données. Cette action fait suite à une enquête préliminaire du parquet de Paris, après un signalement du député socialiste Arthur Delaporte, qui avait déjà dénoncé l'influence potentiellement néfaste de l'algorithme de TikTok sur les mineurs. Le ministre distingue deux catégories de contenus problématiques: ceux jugés «anormaux mais légaux» et ceux qui relèvent directement de l'illégalité. Dans les deux cas, ils pourraient contribuer à orienter certains jeunes utilisateurs vers des contenus dangereux. Un débat politique qui s'intensifie. Enfin, cette initiative intervient à un moment critique où la question de l'accès des mineurs aux réseaux sociaux est de plus en plus débattue en France, comme dans d'autres pays européens. La commission sénatoriale a récemment adopté un projet de loi visant à interdire l'utilisation des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Face à ces abus potentiels, TikTok affirme disposer de plus de cinquante mesures de sécurité, notamment grâce à une mise à jour récente en janvier. Toutefois, l'enquête judiciaire pourrait révéler de nouveaux éléments sur le fonctionnement réel de son algorithme et contraindre le réseau social à prendre des décisions difficiles.

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